La création de l'abbaye de Josaphat


Suite à la mort de l’Evêque de Chartres, Yves de Chartres, son archidiacre Geoffroy a été désigné comme son successeur en 1115. Seulement, Geoffroy avait émis, quelques années avant de prendre ses fonctions, le voeu d’aller à Jérusalem... Ses nouvelles responsabilités ne lui permettaient plus d'exaucer son voeux Le Pape Pascal II, lui propose alors de crééer une fondation pieuse en remplacement du pélerinage abandonné.


En 1117, Geoffroy et son frère Goslein, Seigneur de Lèves, décidèrent de fonder l’abbaye Notre-Dame de Josaphat à Lèves. En effet, la vallée de Josaphat, dont la tradition biblique à fait de celle-ci le lieu du Jugement dernier, est située non loin de Jérusalem, ville qui devait être le théâtre du pèlerinage de Geoffroy.


A sa mort, Geoffroy de Lèves et plusieurs de ses successeurs furent inhumés dans l’église de l'abbaye qui servit, pendant quelques années, de nécropole pour les Evêques chartrains. L’un des tombeaux est encore visible aujourd’hui : celui de Jean de Salisbury mort en 1180. En 1791, l’église fut démolie à cause de la révolution. Cette fondation devient ensuite la propriété de la famille d’Aligre.
En 1818, l’établissement hébergea l’hospice Marie-Thérèse. Cette fondation accueillait les enfants trouvés, abandonnés, mais aussi les malades incurables.

En 1828, les locaux de l’Asile d’Aligre qui portaient le nom de ses fondateurs furent créés afin d’accueillir les personnes âgées.
En 1881, pour laisser la place aux constructions mieux adaptées, les anciens bâtiments de l’abbaye furent détruits.


Enfin, ce n'est qu'en 1968 que les deux établissements décident de fusionner pour former la Fondation d’Aligre et Marie-Thérèse pour laisser place à une maison de retraite et à une structure pour les handicapés mentaux adultes.

Le plan de l’abbaye de Josaphat

Dans le terrier de Génerville, le plan des bâtiments de l’abbaye occupe les pages 4 et 5 du second volume. Le mot « terrier » désigne sous l’Ancien Régime, l’intégralité des terres possédait par une seigneurie et également les droits, revenus qui y sont attachés. Avant l’existence du cadastre (créé par Napoléon Ier en 1807) les terriers sont le seul et l’unique moyen de connaitre les propriétés. En
1726, l’abbé de Josaphat fit établir un nouveau terrier de la seigneurie de Génerville, située dans la paroisse de Sours. Ces deux ans de travail furent recensés dans deux volumes in-folio manuscrits. Au début du second volume se trouve le plan des bâtiments de l’abbaye ci-joint.

L’abbaye bénédictine Notre-Dame de Josaphat a été fondée à Lèves en 1117. Les Archives
Départementales d’Eure-et-Loir conservent précieusement un plan de celle-ci datant de 1728.

Sur ce plan on peut facilement identifier :
  • L'église, datant du XIIe siècle et derrière celle-ci, le monastère, autour du cloître
  • A droite, le long de la route, le palais de l'abbé
  • Autour de ces bâtiments, les différents jardins potagers et, tout à fait à gauche, le verger de l'autre coté de la route, les vignes de l'abbaye
  • En-dehors des limites de l'abbaye, le géomètre a également représenté le cours de l'Eure, avec, en haut à droite, le moulin de Lèves, et, à droite, à demie cachée sous l'indication de l'échelle, l'église paroissiale Saint-Lazare de Lèves au milieu du cimetière du village.

L’Hôpital de la charité : d’un établissement hospitalier à un centre culturel.


Cet ancien corps de logis fut édifié à l’initiative de Louis XIV à la fin du XVIIe siècle. Madame de Maintenon fonda dans ces lieux, dès 1686, une maison de charité. Le bâtiment accueillit par la suite un hôpital. Aujourd’hui, il appartient à la ville de Maintenon et est dédié aux activités culturelles.


 

Louis XIV en fit don du bâtiment à Madame de Maintenon par acte de donation, en novembre 1689. Il intégra ainsi le domaine que la marquise s’était constitué grâce à l’aide du roi. Le bâtiment accueillait depuis une dizaine d’années, une maison de charité et un hôpital dans lesquelles Madame de Maintenon accueillait les pauvres et les malades des environs.
En 1698, Madame de Maintenon donna la totalité de son domaine de Maintenon en dot à sa nièce, Françoise Amable d’Aubigné, lors de son mariage avec Adrien de Noailles.
En 1731, la famille de Noailles céda la bâtisse au bureau de bienfaisance de Maintenon pour la création d’un hôpital. En 1802, à la demande du commandant de gendarmerie du département, un partage de l’hospice avec la caserne eut lieu. La gendarmerie à cheval s’installa dans une partie du bâtiment.
Durant ce période, une aile fut ajoutée au corps principal ainsi qu’une chapelle, dite « chapelle Saint Adrien », et une sacristie.
Vers 1807, la municipalité installa des services de la Mairie et mit la chapelle à disposition de la justice de la paix. A la fin du XIXe siècle, le bâtiment tenait lieu de caserne de gendarmerie.
Actuellement, l’ancien corps de logis accueille le centre culturel de Maintenon.

La ferme au colombier de Néron : de la colombiculture à l’agriculture biologique.
La ferme au colombier de Néron est une ancienne ferme seigneuriale. Son histoire remonte au Moyen-Age, aux XIIe- XIIIe siècles, et elle tient son nom du colombier construit sur la propriété. Dans les années 1970 la ferme est transformée en ferme d’agriculture biologique et, en 1977, elle est inscrite aux Monuments historiques.

 

 

La ferme est issue des anciens communs d’un prieuré, dépendant de la Sainte-Trinité de Tiron dont il subsiste aujourd’hui l’église de Saint-Léger, attenante à la ferme. Ce seul bâtiment montre le rayonnement qu’elle avait à cette époque.
La présence d’un colombier à Néron témoignait de l’importance du seigneur sur ses terres. Il est subsisté jusqu’à nos jours mais les boulins ont été bouchés.

 

Le droit de posséder un colombier était un privilège qui fut aboli lors de la Révolution française.
Le domaine évolua architecturalement entre le Moyen-Age et 1876, date de la construction de la dernière grange. La ferme fut fortifiée au XVIIe siècle.
Madame de Maintenon acquit ce domaine seigneurial en 1687 en même temps que plusieurs autres terres. L’acquisition de la ferme au colombier permit à la marquise d’agrandir son influence territoriale car le domaine se situe à plusieurs kilomètres du château. Elle fit partie de la dot de la nièce de Madame de Maintenon lors de son mariage avec le duc de Noailles en 1698. La famille de Noailles conserva la ferme jusqu’à la fin du XIXe siècle.
La ferme changea à nouveau de propriétaire en 1935 avant d’être acquise dans les années 1960 par les propriétaires actuels. Ils la transformèrent en une ferme d’agriculture biologique à la fin des années 1970. Ils entreprirent également des travaux de restauration et inscrivent la propriété aux Monuments historiques en 1977.

La Folie : du sanctuaire religieux au haras contemporain
L’histoire de ce lieu remonte à l’Antiquité. A l’époque lointaine des druides, la plaine servait de sanctuaire aux habitants. Aujourd’hui, le terrain situé près du Camp de César et près d’un ensemble de mégalithes est souvent étudié lors de fouilles archéologiques. Le domaine de la Folie qu’a connu Françoise d’Aubigné se divise de nos jours en deux entités : un golf et un haras.

 

D’anciens titres appellent le domaine Locutus Stullitiae, soit littéralement lieu de la folie ou de la sottise. La Société généalogique d’Eure-et-Loir émet l’hypothèse que ce nom pourrait être dû aux prêtres chrétiens. Ces derniers auraient donné ce nom afin de discréditer l’ancien culte exercé sur le domaine.

 

Le système féodal du Moyen-Age permit un nouveau développement du domaine et de la ferme. Un manoir agrémenté de tourelles gothiques fut construit sur ces terres. Il existe encore aujourd’hui.
En 1687, Louis XIV acquit le lieu de La Folie, ainsi que d’autres terres, pour la somme de 330 000 livres. En 1698, Madame de Maintenon donna le domaine de La Folie tout comme le reste du domaine de Maintenon en dot à sa nièce, Françoise Amable d’Aubigné, lors de son mariage avec Adrien de Noailles. Elle en conserva néanmoins l’usufruit jusqu’à sa mort en 1719.

 

 

Les ducs de Noailles profitèrent, notamment au XVIIIe siècle, du parc du château et du domaine de la Folie pour pratiquer la chasse à courre, sport favori des aristocrates.
Le seigneur du domaine de Maintenon avait la responsabilité de l’entretien des moulins et des ponts. Le moulin de Changé étant devenu inutilisable, Paul, 6eme Duc de Noailles, obtint l’autorisation du roi Louis- Philippe en 1836 de construire à la Folie un nouveau moulin sur les bords de l’Eure. Brûlé lors de la Grande guerre, le moulin servit de réserves de munitions sous l’Occupation et fut bombardé. Il fut définitivement détruit au début des années 1990.

Ce lieu accueille aujourd’hui le Haras de La Folie, une écurie de propriétaire fondé en 1970 par la famille Thirouin et reconnue par les cavaliers professionnels de saut d’obstacles.

La ferme du Bois Richeux : des Gaulois au XXIe siècle/ à nos jours, 2000 ans d’existence

L’histoire du Bois Richeux remonte à l’Antiquité. La légende veut que le lieu soit nommé d’après une druidesse, Richeulde, qui lisait les oracles sur cette terre. Le Bois Richeux était aussi le lieu où se réunissaient tous les quatre ans les druides de l’Europe entière. Par la suite, le Bois Richeux est devenu une grande exploitation agricole gauloise qui, jamais, ne s’est soumise à l’autorité romaine. Avec ses 2000 ans d’existence, la ferme du Bois Richeux est une des plus vieilles fermes de France.

 

La ferme s’est imposée au Moyen-Age en devenant une seigneurie. Elle appartenait à la famille de Gallardon et de Montfort-l’Amaury jusqu’en 1178. A cette date, le seigneur des lieux, donna une partie du Bois Richeux au Chapitre de la Cathédrale de Chartres.

 

« Hugues de Boutigny […] a donné 42 arpents de la terre du Bois-Richeux à Notre-Dame de Chartres et à Amaury, préchantre de cette église, dont 12 arpents libres de tout droit coutumier, desquels 12 arpents, 10 sont destinés à l’accueil des hôtes, le 11ème au prêtre dudit domaine, le 12ème au maire. »

Chirographe de Hugues de Boutigny

 

L’homme d’église installe sur ses terres les premiers paysans libres de Chartres. Ces paysans étaient appelés des hôtes et vivaient dans des maisons individuelles, les tenures. Ils cultivaient en commun les terres libres de tout droit coutumier. Jusqu’au XIXème siècle, la ferme avait un fort rendement céréalier. Plus de 500 paysans s’occupaient de ces 1100 hectares de terre. L’immense colombier construit en 1364 témoigne de la grandeur du domaine. La ferme connut au Moyen-Age plusieurs ajouts architecturaux. Au XIIe siècle, un manoir de deux pièces et une grange dîmière sont ajoutés à la ferme puis des bergeries au XIVème siècle. La protection de la ferme était assurée par un haut mur entouré d’un fossé sec.

 

Un petit bond dans le temps jusqu’en 1679 amène un changement de propriétaire. Madame de Maintenon acquiert la ferme pour agrandir son domaine. Les actes d’achat sont contresignés en 1683 par Louvois, ministre de Louis XIV. En 1684, Madame de Maintenon fait installer un décor en faux marbre sur les murs de la chambre seigneuriale du manoir. Quelques années plus tard, la nièce de Madame de Maintenon reçoit le domaine de Maintenon en dot pour son mariage. La ferme de Bois Richeux change à nouveau de propriétaire, et ce, pour les 300 prochaines années. Cette période a été l’occasion de nouveaux aménagements architecturaux. Les propriétaires firent installer une nouvelle aile au manoir, une écurie, une étable ainsi qu’un chartil (hangar à charrettes).

 

Certains éléments n’ont pas survécu jusqu’à nous. C’est le cas des bergeries construites sous Madame de Maintenon. Depuis plus de 20 ans les nouveaux propriétaires restaurent la ferme de Bois Richeux. Ils ont recréé, d’après des écrits anciens, un jardin clos d’inspiration médiéval, ouvert à la visite.

  • Carte de Cassini, feuille n°27, aux alentours de 1760
  • Plan à l’aquarelle du XVIIe siècle, « Plan géométral des Bâtiments de la Ferme de Boisricheux » (lieu de conservation ? AD28 ? document privé ?)
  • Les fiefs, terre et seigneurie de Boisricheux, table générale d’aveu du Marquisat de Maintenon, vol 143, Archives départementales de l’Eure-et-Loir
  • Chirographe de Hugues de Boutigny, Archives départementales de l’Eure-et-Loir, cote G1178
  • MONTAIGNE de Viviane, Ferme médiévale de Bois-Richeux, Pierres, Eure et Loir, Association des Parcs et Jardins en région Centre, 2002, 44 p.

Grange servant à stocker les collectes de la dîme, l’impôt de l’Eglise

Propriétés de Mme de Maintenon

Le Château de Maintenon est un monument historique du département d’Eure-et-Loir connu par son architecture ainsi que son magnifique jardin où subsistent les vestiges de l’aqueduc.

Château de Maintenon

La ferme au colombier de Néron est une ancienne ferme seigneuriale. Son histoire remonte au Moyen-Age, aux XIIe- XIIIe siècles, et elle tient son nom du colombier construit sur la propriété.

Ferme au colombier de Neron

L’histoire de ce lieu remonte à l’Antiquité. A l’époque lointaine des druides, la plaine servait de sanctuaire aux habitants. Aujourd’hui, le terrain situé près du Camp de César et près d’un ensemble de mégalithes est souvent étudié lors de fouilles archéologiques.

Haras de la Folie

Cet ancien corps de logis fut édifié à l’initiative de Louis XIV à la fin du XVIIe siècle. Madame de Maintenon fonda dans ces lieux, dès 1686, une maison de charité.

Hôpital de la Charité

Du château fort à la maison bourgeoise, un site unique qui traverse l'histoire Française... Louis XIV l'offrira à Madame de Maintenon, pour la dédommager des dérangements causés par l’installation de l’aqueduc dans son domaine de Maintenon.

Château de Grogneul

Des bergeries construites sous Madame de Maintenon, un jardin clos d’inspiration médiéval, ouvert à la visite.

Ferme de Bois Richeux

Cultivez-vous !

L’aqueduc de Maintenon est un monument historique du patrimoine Eurélien construit au XVII ème siècle alors que Louis XIV était au pouvoir.

Aqueduc de Maintenon

Le Canal Louis XIV, aussi appelé Canal de l’Eure, est un canal non navigable, resté inachevé. Il a été construit par Vauban pour alimenter en eau le domaine royal de Versailles.

Canal Louis XIV

La cathédrale de Chartres est un monument historique du pays Chartrain. Elle est très réputée par ses vitraux et son architecture qui est passée du style romane à gothique.

Cathédrale de Chartres