La ferme du Bois Richeux : des Gaulois au XXIe siècle/ à nos jours, 2000 ans d’existence

L’histoire du Bois Richeux remonte à l’Antiquité. La légende veut que le lieu soit nommé d’après une druidesse, Richeulde, qui lisait les oracles sur cette terre. Le Bois Richeux était aussi le lieu où se réunissaient tous les quatre ans les druides de l’Europe entière. Par la suite, le Bois Richeux est devenu une grande exploitation agricole gauloise qui, jamais, ne s’est soumise à l’autorité romaine. Avec ses 2000 ans d’existence, la ferme du Bois Richeux est une des plus vieilles fermes de France.

 

La ferme s’est imposée au Moyen-Age en devenant une seigneurie. Elle appartenait à la famille de Gallardon et de Montfort-l’Amaury jusqu’en 1178. A cette date, le seigneur des lieux, donna une partie du Bois Richeux au Chapitre de la Cathédrale de Chartres.

 

« Hugues de Boutigny […] a donné 42 arpents de la terre du Bois-Richeux à Notre-Dame de Chartres et à Amaury, préchantre de cette église, dont 12 arpents libres de tout droit coutumier, desquels 12 arpents, 10 sont destinés à l’accueil des hôtes, le 11ème au prêtre dudit domaine, le 12ème au maire. »

Chirographe de Hugues de Boutigny

 

L’homme d’église installe sur ses terres les premiers paysans libres de Chartres. Ces paysans étaient appelés des hôtes et vivaient dans des maisons individuelles, les tenures. Ils cultivaient en commun les terres libres de tout droit coutumier. Jusqu’au XIXème siècle, la ferme avait un fort rendement céréalier. Plus de 500 paysans s’occupaient de ces 1100 hectares de terre. L’immense colombier construit en 1364 témoigne de la grandeur du domaine. La ferme connut au Moyen-Age plusieurs ajouts architecturaux. Au XIIe siècle, un manoir de deux pièces et une grange dîmière sont ajoutés à la ferme puis des bergeries au XIVème siècle. La protection de la ferme était assurée par un haut mur entouré d’un fossé sec.

 

Un petit bond dans le temps jusqu’en 1679 amène un changement de propriétaire. Madame de Maintenon acquiert la ferme pour agrandir son domaine. Les actes d’achat sont contresignés en 1683 par Louvois, ministre de Louis XIV. En 1684, Madame de Maintenon fait installer un décor en faux marbre sur les murs de la chambre seigneuriale du manoir. Quelques années plus tard, la nièce de Madame de Maintenon reçoit le domaine de Maintenon en dot pour son mariage. La ferme de Bois Richeux change à nouveau de propriétaire, et ce, pour les 300 prochaines années. Cette période a été l’occasion de nouveaux aménagements architecturaux. Les propriétaires firent installer une nouvelle aile au manoir, une écurie, une étable ainsi qu’un chartil (hangar à charrettes).

 

Certains éléments n’ont pas survécu jusqu’à nous. C’est le cas des bergeries construites sous Madame de Maintenon. Depuis plus de 20 ans les nouveaux propriétaires restaurent la ferme de Bois Richeux. Ils ont recréé, d’après des écrits anciens, un jardin clos d’inspiration médiéval, ouvert à la visite.

  • Carte de Cassini, feuille n°27, aux alentours de 1760
  • Plan à l’aquarelle du XVIIe siècle, « Plan géométral des Bâtiments de la Ferme de Boisricheux » (lieu de conservation ? AD28 ? document privé ?)
  • Les fiefs, terre et seigneurie de Boisricheux, table générale d’aveu du Marquisat de Maintenon, vol 143, Archives départementales de l’Eure-et-Loir
  • Chirographe de Hugues de Boutigny, Archives départementales de l’Eure-et-Loir, cote G1178
  • MONTAIGNE de Viviane, Ferme médiévale de Bois-Richeux, Pierres, Eure et Loir, Association des Parcs et Jardins en région Centre, 2002, 44 p.

Grange servant à stocker les collectes de la dîme, l’impôt de l’Eglise

L’histoire du château remonte au Moyen-Age. Le hameau est cité sur un document datant de 1334 mais est connu dès 1268. La résidence seigneuriale de Grogneul était composée d’un château-fort et d’une chapelle dédiée à Saint-Jean. La chapelle a aujourd’hui disparu. La résidence était entourée de douves profondes qui dominaient la vallée au XIIIe siècle.

La période de la Renaissance est un moment important pour le domaine. Les propriétaires, la famille de Ligny, veulent transformer le château médiéval en une demeure moderne et confortable. Ils transforment un château fort, destiné à la défense, en une véritable habitation aristocratique provinciale. Une terrasse et deux tours rondes sont ajoutées au château à la fin du XVe siècle.

Depuis l’achat du château de Maintenon en 1674, Françoise d’Aubigné ne cesse d’agrandir son domaine en acquérant de nouvelles terres. Le roi Louis XIV l’aide en achetant également des domaines. C’est le cas de la seigneurie de Grogneul en juillet 1687. Louis XIV l’achète pour 330 000 livres. Tous les fiefs de Madame de Maintenon sont érigés en marquisat-pairie l’année suivante. Le roi veut dédommager la marquise des désagréments qu’il lui impose : en effet, il fait construire un aqueduc pour détourner les eaux de l’Eure jusqu’à Versailles et l’ouvrage d’art passe par Maintenon. Des troupes de soldats travaillent alors sur le domaine. Cependant, faute de moyens, l’aqueduc ne sera jamais finalisé. Quelques années plus tard, en 1698, la seigneurie de Grogneul tout comme le reste du domaine change de propriétaire. Madame de Maintenon donne le domaine en dot à sa nièce lors de son mariage avec Adrien de Noailles. Elle conserve néanmoins l’usufruit du domaine jusqu’à sa mort en 1719.

Vers 1750, un incendie détruit la propriété telle que Madame de Maintenon l’a connue. Il n’en reste aujourd’hui que quelques vestiges :

  • Une tour d’angle datant du XIIIe siècle
  • La base de deux autres tours au coin des douves
  • Des douves presque intactes sur 3 côtés
  • Deux tours sur la terrasse qui encadrent le mur de soutien

La famille de Noailles décide en 1765 de vendre les ruines à un drapier chartrain, Monsieur Dubois-Duppray. Il y a une condition à cette vente : le nouveau propriétaire ne doit pas reconstruire un nouveau château sur les ruines. Monsieur Dubois-Duppray décide alors de construire une maison bourgeoise dans les années 1770. Le domaine resta dans la famille Dubois-Duppray jusqu’au début du XXe siècle. Le domaine est ensuite occupé par l’armée allemande pendant la Seconde guerre mondiale. En mauvais état à cause de l’Occupation et du manque d’entretien, le domaine est racheté en 1956 par la famille d’Henri Jacob. La famille s’est efforcée pendant de nombreuses années de restaurer la maison pour lui faire retrouver son état du XVIIIe siècle, tâche encore poursuivie par les nouveaux propriétaires.

Documents :
MOUTIE Auguste, De Paris au Mans : guides-itinéraires, Paris, Hachette, 1854, pp. 63-72
Grogneul, hameau de Saint-Piat, Valorisation du Patrimoine Saint-Piat-Mévoisins, http://www.patrimoine-histoire-saint-piat.fr/saint-piat-grogneul.htm


 

L’histoire du Château de Grogneul remonte au Moyen-Age. Le hameau Groynellum, connu dès 1268, est cité dans un document datant de 1334.
Au XIII siècle, la résidence seigneuriale de Grogneul est composée d’un château-fort et d’une chapelle dédiée à Saint-Jean, aujourd’hui disparue. Dominant la vallée, l’ensemble est entouré de douves profondes propres aux fonctions défensives du domaine.
Au début de la Renaissance, le château médiéval est transformé par ses propriétaires, la famille Ligny, en habitation aristocratique provinciale, confortable et moderne. La terrasse et les deux tours circulaires datent de cette époque.

Louis XIV achète la seigneurie de Grogneul en 1687 pour le prix de 300 000 livres. Il l’offrira à Madame de Maintenon, ainsi que d’autres domaines, pour la dédommager des dérangements causés par l’installation de l’aqueduc dans son domaine de Maintenon.

 

La cathédrale Notre-Dame de Chartres est un monument emblématique du patrimoine Eurélien par ses sculptures, vitraux et dallage pour la plupart d’origine.

C’est une cathédrale du style gothique, construite, cependant, avec les techniques de l’architecture romane montrant ainsi la continuité et non la rupture entre ces deux types d'architecture.

 

 Celle-ci est classée au titre des monuments historiques en 1862. Aussi, c’est l’un des premiers monuments à être classé au patrimoine mondial par l'UNESCO en 1979.

 

 

 

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Le château de Maintenon : Huit siècles d’architecture et d’histoire

Les seigneurs de Maintenon sont cités dans des documents dès 1108 bien avant les premières mentions du château vers 1200. A sa création, le château est entouré d’une enceinte afin de garder les cours de l’Eure. La tour carré a été ajoutée à la forteresse au XIIIe siècle. Au XVe siècle, la famille d’Amaury, propriétaires du château, fait construire 3 tours rondes en briques.

 

Au début du XVIe siècle, la famille d’Amaury connaît de graves difficultés financières et doit se séparer du domaine. Un arrêté du Parlement attribue la seigneurie à Jean Cottereau. Ce dernier, avec le soutien de sa femme, se consacre à l’embellissement du château. C’est à ce moment-là que s’opère la transformation d’un château fort rustique en une demeure aristocratique de plaisance. Le couple Cottereau fait construire le logis central afin qu’il devienne leur lieu de résidence. A l’intérieur du logis, Jean Cottereau fait construire une chapelle avec de magnifiques vitraux malheureusement disparus aujourd’hui. Le château faisant parti de la dot de sa fille, le titre de propriété revient à la famille d’Angennes, seigneurs de Rambouillet qui s’en sépare dans les années 1650 au profit du marquis de Villeray. C’est ce dernier qui vend le domaine à Françoise d’Aubigné en 1674.

Elle achète le domaine pour 240 000 livres afin de renforcer son statut à la Cour. A ce moment, le château nécessite d’être remis en état. Peu à peu, au fil des années, elle fait aménager le château pour pouvoir y habiter, y installer des membres de sa famille et recevoir les personnages de la Cour. Madame de Montespan vient accoucher de ses deux derniers enfants avec le roi. En remerciement, elle paie pour la construction d’une cheminée, d’une terrasse et d’une ménagerie. En 1686, de nouveaux bâtiments sont construits donnant à l’architecture sa structure actuelle. Le Nôtre, jardinier du roi, dessine et aménage les jardins et le parc du château. Dans les années 1680, Louis XIV décide de faire construire un aqueduc à Maintenon pour permettre de détourner les eaux de l’Eure jusqu’aux nombreuses fontaines de Versailles. L’aqueduc ne fut jamais achevé mais le roi fit don des éléments construits à son épouse. En plus de l’embellissement de son domaine, Madame de Maintenon s’occupe du commerce et de la charité. Elle fait construire une manufacture de toile en 1683 ainsi qu’un nouvel hôpital en 1685. N’ayant pas d’enfants, la marquise donne le domaine en dot à sa nièce lorsque celle-ci se marie avec le duc de Noailles en 1698.

 

A la fin du XVIIIe, le duc de Noailles fait construire le pavillon de musique dans le parc du château. La fin du siècle est moins heureuse pour le domaine qui subit les affres de la Révolution française. Près d’un demi-siècle plus tard, en 1830, le domaine accueille à nouveau un moment clé de la monarchie française. Le duc de Noailles offre l’hospitalité au roi déchu, Charles X, en route pour l’exil. Les années 1850-1860 sont synonymes de chantiers au château. Paul, duc de Noailles, entreprend une nouvelle restauration de la demeure. Le duc fait refaire la chambre de la marquise, tapisse deux salon avec du papier peint chinois, … L’influence du Second Empire (1852-1870) amène la création de nouvelles pièces dans le château telles que le billard ou la bibliothèque. Le duc de Noailles fait aussi construire l’actuelle grande galerie consacrée à sa famille. On peut d’ailleurs remarquer que le seul personnage féminin représenté est Madame de Maintenon.

 

Lors de la Seconde Guerre mondiale, l’amirauté française puis allemande s’installe à Maintenon. Les alliées bombardent de nombreuses fois le domaine et ses environs. En 1944, le château et ses dépendances sont classés aux Monuments historiques. A la fin de la guerre s’ouvre de grands chantiers de restauration pour ce château que beaucoup pensent perdus. Les travaux commencent par la structure et les extérieurs du château. La famille crée en 1983 la Fondation Maintenon pour la gestion et la valorisation du site, devenue aujourd’hui Fondation Mansart. Depuis 2005, la gestion, la valorisation et la conservation du site sont confiées au conseil départemental de l’Eure-et-Loir.

 CHANDERNAGOR Françoise, POISSON Georges, Maintenon, Paris, Norma, 2001, 160 p.

A quoi devait servir ce gigantesque ouvrage ?

 

Louis XIV cherchait de l’eau pour alimenter les fontaines du château de Versailles, les ressources en eau étant insuffisantes pour les 1.200 fontaines du parc. Sans la féerie des eaux, les fêtes ne peuvent se concevoir, elles perdraient toute leur magnificence et porteraient atteinte à sa grandeur. Il charge alors Louvois de trouver les moyens d’amener de l’eau à Versailles. Après des études de nivellement effectuées par La Hire, celui-ci trouve qu’à partir de Pontgouin, près de Courville, l’Eure est plus haute de 81 pieds (26 m) que la grotte de Thétis à Versailles. Le roi fait alors appel à Vauban qui conçut le projet de détourner les eaux de L’Eure par un canal, sur plus de 80 kms à vol d’oiseau de Versailles. Nous ne retracerons pas ici le parcours de l’eau pour arriver à l’aqueduc de Maintenon, parsemé de terrassement, d’écluses, de ponts et d’autres siphons et entonnoirs.

Mais le plus remarquable de tous ces énormes travaux, c’est sans contredit, l’aqueduc, qui devait relier les deux collines entre la vallée de Maintenon.

Ce grand aqueduc devait être construit en maçonnerie, sur une longueur de 4.600 m, avec trois rangs d’arcades, et une hauteur de 72 m au plus profond de la vallée ; ce projet étant jugé démesuré, son coût et les délais d’exécution incitèrent à son abandon ; ramené à des dimensions plus modestes, seul fût construit le premier rang composé de 47 arcades sur 975 m de long. Chaque arcade a 13 m d’ouverture, 14 m 60 de profondeur, 25 m d’élévation sous la voûte au fond du vallon ; l’élévation totale est de 30 m.

Cet ouvrage, s’il avait été achevé aurait été une des plus étonnantes constructions humaines en comparaison le pont du Gard réalisé par les romains avec trois arches de surélévation atteint 49 m de hauteur sur 275m de long).

On dit que 30.000 hommes se succédèrent sur le chantier, dont une douzaine de milliers de militaires à la fois, plus la population locale réquisitionnée.

La main d’œuvre locale ne suffisant pas, des spécialistes vinrent de toutes les régions de France et de l’étranger, surtout de Suisse, d’Allemagne et de Belgique.

Le chantier nécessita des moyens considérables ; il fallait transporter les matières pondéreuses, bois, charbon, les pierres provenant de la carrière ouverte à Cady, sur la commune d’Epernon, la chaux tirée du calcaire brut des carrières de Germonval, sur la commune de Gallardon et Pontgouin, on fit venir du charbon d’Angleterre, 16.000 brouettes, 400 tombereaux, 12.000 pioches furent commandées.

Les exhalations de tant de terre occasionnèrent des maladies, les fièvres et le scorbut firent de nombreuses victimes. Les registres paroissiaux des communes environnantes et de l’hôpital de Chartres recensent 709 décès, dont 18 parmi le personnel hospitalier ; on est certainement très loin de la réalité et des chiffres avancés (des milliers de morts) et cela confirme bien la difficulté d’établir un bilan précis.

Au cours de l’été 1686, commencent les difficultés : la main d’œuvre agricole locale retourne aux moissons, quelques troupes désertent et des mesures de répression sont prises.

( Marques de fer, oreilles et nez coupés…) En 1687, les travaux reprennent à bonne cadence. Louvois intervient pour réduire les dépenses. Au cours de l’hiver 1687-1688, les travaux sont ralentis, des troupes sont retirées des chantiers et envoyés à l’est. En 1689, malgré la guerre de la ligue d’Augsbourg, on achève les voûtes de l’aqueduc. Cette guerre dura 10 ans, lorsqu’elle fut achevée, vint la guerre de succession d’Espagne qui constitua un nouvel obstacle ; l’entreprise fut alors définitivement abandonnée

Cet ouvrage qui coûta fort cher tant en moyens financiers qu’en vies humaines ne servit à rien, les eaux de l’Eure n’arrivèrent jamais à Versailles. Ce n’est plus aujourd’hui qu’une ruine imposante, mais il reste cette impression de grandeur qui touche à ce qui appartient au règne de Louis XIV (à voir depuis le CD 18, route de Maintenon à Gallardon)

Cultivez-vous !

Le Château de Maintenon est un monument historique du département d’Eure-et-Loir connu par son architecture ainsi que son magnifique jardin où subsistent les vestiges de l’aqueduc.

Château de Maintenon

L’aqueduc de Maintenon est un monument historique du patrimoine Eurélien construit au XVII ème siècle alors que Louis XIV était au pouvoir.

Aqueduc de Maintenon

Le Canal Louis XIV, aussi appelé Canal de l’Eure, est un canal non navigable, resté inachevé. Il a été construit par Vauban pour alimenter en eau le domaine royal de Versailles.

Canal Louis XIV

La cathédrale de Chartres est un monument historique du pays Chartrain. Elle est très réputée par ses vitraux et son architecture qui est passée du style romane à gothique.

Cathédrale de Chartres

Du château fort à la maison bourgeoise, un site unique qui traverse l'histoire Française... Louis XIV l'offrira à Madame de Maintenon, pour la dédommager des dérangements causés par l’installation de l’aqueduc dans son domaine de Maintenon.

Château de Grogneul

Des bergeries construites sous Madame de Maintenon, un jardin clos d’inspiration médiéval, ouvert à la visite.

Ferme de Bois Richeux